Malgré une croissance substantielle du rôle de l'Etat durant le gouvernement Vargas (1930-1945), la planification gouvernementale n'a fait partie des stratégies de gouvernement et de la structure politico-administrative nationale qu'à partir de la deuxième moitié des années 1950, lors de la gestion Kubitschek. Le Plan d'objectifs (1956-1960) a introduit une nouveauté par rapport aux politiques publiques : la focalisation territoriale. La construction de Brasilia, ainsi que de tout un réseau de routes tournées vers l'intégration des différentes régions du Brésil, est venue s'ajouter aux initiatives de promotion de développement économique à partir de la mise en œuvre des infrastructures nécessaires aux investissements industriels.
La route Belém-Brasilia a été la première liaison terrestre qui a ouvert les portes de l'Amazonie et a permis une intégration croissante de celle-ci avec les autres régions du pays. Tout au long de son tracé un réseau de villes - certaines nouvelles, d'autres déjà existantes - est devenu dynamique, a attiré des populations et a enraciné différentes activités économiques. Quatre décennies après, la route est devenue un axe de communication et de peuplement consolidé. Sur son pourtour, des activités d'élevages, des espaces fonciers de colonisation, de grands espaces de terre mis en valeur par le secteur privé et un large réseau routier s'est peu à peu formé.
Le gouvernement JK a également été le point de départ de la période développementiste du Brésil. Des industries, surtout automobiles, se sont également installées, attirées par l'implantation d'infrastructures énergétiques et routières. Le système de transports a mis au premier plan le modèle routier, donnant un moindre rôle aux chemins de fer et aux voies fluviales, qui avaient pourtant toujours été cruciaux en Amazonie. A partir de l'implantation du maillage routier, l'occupation de la région a changé de physionomie : l'ancien réseau de villes fluviales a perdu de son importance et de nouveaux centres urbains (ainsi que d'anciens) dynamiques ont pris de l'importance puisqu'ils se retrouvaient près des routes.
Dans le contexte du projet de développement proposé par Kubitschek, la construction de la route Belém-Brasilia n'a pas seulement signifié l'ouverture d'une voie d'intégration nationale, elle a aussi permis de mettre en place un axe d'écoulement de la production du pôle industriel qui se consolidait dans le Centre-Sud du pays vers de nouveaux marchés. Le Brésil commençait à s'éloigner du modèle hérité de la période coloniale, qui s'était maintenu jusqu'au milieu du XXe siècle et dans lequel des régions peu intégrées entre elles étaient liées au marché extérieur. Le concept de nation se renforçait, même si le prix à payer en était élevé : les déséquilibres régionaux en étaient aggravés, la dépendance au réseau routier augmentait, le territoire était occupé de façon désordonné, l'exode rural vers les grands centres urbains et les zones de frontières d'occupation du territoire était renforcé, et enfin la dette extérieure explosait du fait de la prolifération d'œuvres publiques.